Retour sur incident : le pourquoi

Trigger Warning : maternité, grossesse non désirée, avortement
Cet article n’a pas pour but d’inciter à, ou de faire la promotion de, l’avortement. Chacun·e a ses raisons de vouloir ou devoir aller au bout de cette démarche.
Je suis pro-choix.

Pourquoi je raconte cette histoire aujourd’hui ?

Aujourd’hui, dimanche 30 Mai 2021, alors que je publie cet article, c’est la fête des mères ici. Ça pourrait être la seule raison, mais j’en ai d’autres toutes aussi bonnes.

Pour rappel, je suis pro-choix. Et ça implique plusieurs choses. Je suis pour un meilleur accès à la contraception pour tous·tes ainsi qu’à l’avortement et au respect du choix de chacun·e pour son corps. Le désir de vouloir un enfant ou non est personnel. Pour ma part, je souhaite avoir des enfants un jour, mais pas maintenant, alors j’utilise un moyen de contraception.

Il y a 9 ans, je me protégeais pour ma santé et parce que je ne voulais pas d’enfant. Si c’était à refaire, dans les mêmes circonstances, je referais le choix d’avorter.

Je suis également pour un accès et une approche moins timides de l’éducation et de la santé sexuelles, à l’école et aussi dans les cercles privés, comme la famille. C’est la clé selon moi. J’ai presque tout appris toute seule et parfois je le regrette un peu.
Mon éducation s’est faite à travers des livres et les médias (TV, internet, réseaux sociaux) et l’expérience. Un peu plus tard, j’ai pu en parler autour de moi avec des personnes qui n’en faisaient pas un sujet tabou. C’est ce qui m’a un peu « sauvée », je dirais.

On ne parlait pas de ces choses-là chez nous.

En tant que jeune fille puis femme, je n’aurais pas pu compter le nombre de fois où j’ai entendu et regardé ma mère me répéter « T’as pas intérêt à rentrer à la maison pour me dire que t’es enceinte. » et autres équivalents qu’elle pensait peut-être lancer à juste titre.
Souvent, je me suis dit que si ma mère avait fait preuve de plus d’ouverture, avait pris le temps de « m’éduquer » et d’en discuter avec moi, voire m’amener à un rendez-vous gynéco, peut-être qu’à l’époque de l’incident, je n’aurais pas eu pour seul moyen de contraception à ma disposition les préservatifs et tout ça n’aurait peut-être pas eu lieu… De toute façon, ce qui est fait est fait. Et je sais que je tâcherai de faire différemment avec mes enfants et toute personne qui se tournera vers moi pour échanger sur ces sujets, en toute bienveillance bien sûr.

La bienveillance, venant des autres ou de moi-même, est une chose qui a manqué à plusieurs moments de ma vie. C’est d’ailleurs aussi à cause de ça que j’ai eu tendance à garder mes soucis pour moi et à les gérer toute seule, comme l’incident.
Ces 2 dernières années et les expériences que j’ai vécues m’ont quand même montré que, selon la relation que j’ai [eue] avec certaines personnes, en parler peut me faire plus de bien que de mal. Ce n’était pas forcément parce que mon interlocuteur·rice avait les bons mots -les gens ne savent pas toujours quoi dire quand on évoque un sujet aussi tabou que l’avortement par exemple – mais bien parce que j’ai pu, à des moments précis, dire ce que j’avais sur le cœur.

C’était ma bataille intérieure.

On entend souvent que l’on ne sait jamais complètement ce que vivent les autres, les batailles « silencieuses » qu’iels livrent.
De façon très subtile, l’avortement et l’après étaient devenus une de mes batailles. J’ai mis du temps avant de ressentir et de constater l’impact que cela avait eu sur moi. C’est la raison pour laquelle je conseille à quiconque passant par là, de se confier et/ou d’être accompagné·e, dans la mesure du possible.
J’aurais voulu que ce soit le cas pour moi, mais je n’ai pas eu cette chance. Ce qui m’amène au sujet que je souhaite aborder dans le prochain article et qui nécessitait une petite contextualisation.

Pour le mot de la fin, je vais simplement souhaiter une bonne fête des mères à toustes celleux qui se sentent concerné·e·s et je vous dis à bientôt pour la suite.


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